Gasparine Floch est la mémoire vivante de l'Impérial. Ancienne gouvernante de l'hôtel, elle insista auprès du nouveau propriétaire pour assurer le poste de gardienne. Elle ne fait pas exception au cliché de sa profession : elle sait tout, sur tout, avant tout le monde ! Malgré tout, elle est la confidente préférée des locataires et leur est dévouée à toute heure du jour et de la nuit.
Ancienne directrice du CHU de Rosville (Collectif des Harpistes Utopistes), elle écrit aujourd'hui à ses heures perdues des romans policiers. A cela s'ajoute une tendance schizo-paranoïaque qui la pousse à imaginer des complots dans toute la résidence.
Elle vit dans un petit appartement mitoyen du Mystique, au rez de chaussée.
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Ce matin, une belle journée commence à Rosville. Soleil magnifique et pour une fois pas de vent ! La rue de l'Echafaud s'active peu à peu. Les passants sont pressés. Ils marchent vite, le regard bas, comme préoccupés par les soucis de la journée qui a à peine commencé. Pourtant en arrivant devant le 13, leur démarche ralentit, leurs regards convergent vers l'Impérial. Le son doux et mélodieux de la harpe leur emplit le coeur.
Ce que Gasparine Floch apprécie par dessus tout, c'est de jouer le matin, juste avant le petit déjeuner. Elle aime se savoir observée par ses admirateurs matinaux. Certains prennent même quelques minutes pour s'arrêter, voire même l'applaudir. Cela lui rappelle ses jeunes années : les Harpistes Utopistes, les concerts au théâtre et à l'hôtel de l'Impérial...
Son petit spectacle terminé, elle se sert un café bien noir, enfile ses petites lunettes et déplie soigneusement le Petit Rosvillien qu'elle se met à parcourir...
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-Alors, Aliénor, vous plaisez-vous à Rosville ? Pour une férue d'histoire comme vous, cette ville doit parfaitement vous convenir...
-Beaucoup ! C'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à faire des études en histoire ici. Rosville est vraiment magique. Mais ce qui me plaît le plus, c'est les petites histoires, les anecdotes. Les faits pures sont si peu intéressants...
-Moi aussi, les petites histoires, j'adore ça ! D'ailleurs, savez vous que je fais partie d'une famille "historiquement" très importante à Rosville. Un de mes ancêtre, Gustave Floch a été le conseiller personnel du Marechal Vrion. D'ailleurs un château porte son nom dans le rue de la Comédie, je ne sais pas si vous êtes déjà passé devant... Mais je dois vous embêter avec toutes ces vieilles histoires ! Une jeune fille comme vous !
-Oui, je n'avais pas fait le rapprochement. Mais non pas du tout ! Vous savez je suis assez différente des jeunes filles de mon âge. Je dois même dire que je suis assez « vieux jeu ».
-Nous allons bien nous entendre alors... Je suis comme vous. J'entretiens le passé avec délectation ! Si vous souhaitez visiter le château de mon aïeul, je serais ravi d'être votre guide. Il est habituellement fermé... Aujourd'hui, il n'appartient plus à ma famille, mais je connais bien le nouveau propriétaire. D'ailleurs, de nombreux récits prétendent que Gustave Floch aurait caché toute sa richesse dans son château ! De nombreux archéologues ont mené des fouilles, mais sans jamais rien trouver, à part quelques chats fossilisés ! Encore une histoire pour faire peur aux enfants !
-Oui, j'ai entendu parler de ça et vous qu'en pensez-vous ? Votre ancêtre aurait-il pu cacher un telle fortune ?
-C'est tout à fait probable. Dans la famille, on est du genre "bas de laine", si vous voyez ce que je veux dire. Ce Gustave devait être un rapiat de la pire espèce - paix à son âme - il est donc fort probable qu'il ait caché une telle fortune. Un tel magot ferrait le plus grand bien à ma maigre retraite de concierge harpiste!
-Et vous n'avez jamais entreprit vous-même des recherches ? Vous devez disposer de vieux papiers lui ayant appartenu ou même un journal ?
-Oh moi, vous savez, à l'époque je n'avais pas le temps de m'occuper de ça, et aujourd'hui je suis trop vieille vous savez...
-On est jamais trop vieille pour rien, Mademoiselle Floch...




